Après l'hôpital, le voisinage prend le relais

À l'occasion du 1er octobre, Journée internationale des personnes âgées, Accolage et l'UZ Brussel distribuent, pour la deuxième année consécutive, des fleurs aux patients hospitalisés dans le service de Gériatrie. La collaboration entre les deux organisations va pourtant bien au-delà de cette action de sensibilisation. Christiane, participante d'Accolage, et Melanie Lauwereys, psychologue clinicienne au service de Gériatrie, racontent comment elle fonctionne concrètement.

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Après l'hôpital, le voisinage prend le relais

Comment l'UZ Brussel et Accolage tissent, ensemble, un filet contre l'isolement des aînés

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« Je vis seule, puisque mon mari est décédé il y a 16 ans. Pourtant, aujourd'hui, je suis bien entourée. »
— Christiane, 90 ans, participante d'Accolage à Jette

Ce paradoxe, Christiane le vit au quotidien. Et il est au cœur d'une collaboration discrète mais précieuse entre l'UZ Brussel et Accolage : à leur sortie d'hospitalisation, des patients âgés isolés sont orientés par le service de Gériatrie vers le réseau de voisinage d'Accolage, pour retrouver du lien social.

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Action fleurs à l'UZ Brussel

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Comment naît un tel lien

Le contact est né lors d'un Zorgwijkoverleg (concertation de soins de quartier) qui s'est tenu à la bibliothèque néerlandophone de Jette. Ce type de rencontre permet d'échanger et de diffuser de bonnes initiatives. Bertrand, responsable d'antenne à Jette, a ensuite présenté Accolage à l'équipe. Grâce à cette présentation, ainsi qu'aux flyers et aux affiches installés en permanence dans l'hôpital, orienter vers Accolage est devenu un réflexe pour Melanie Lauwereys et ses collègues.

Concrètement, chaque patient de 75 ans ou plus rencontré à l'UZ Brussel passe par un entretien qui aborde systématiquement la question de la solitude. Si la réponse pointe vers un isolement, le relais vers Accolage devient une option évidente pour les collègues du service de Gériatrie.

« Ce sont très souvent des personnes isolées, sans réseau familial étoffé. Les personnes qui ont encore de la famille peuvent généralement compter sur d'autres contacts informels, des amis, des connaissances. Mais il y a malheureusement, surtout à Bruxelles, beaucoup de personnes sans famille, ou dont les seuls contacts sont des professionnels comme l'infirmière à domicile. »
— Melanie Lauwereys, psychologue clinicienne à l’UZ Brussel

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Une réalité que confirme l'étude d'impact d'Accolage : plus de 80 % des bénéficiaires du réseau de voisinage vivent seuls, et plus d'un quart n'a quasiment aucun contact avec des proches.

« Pour nous, trouver les personnes âgées socialement isolées est l'un des plus grands défis. La collaboration avec l'UZ est donc particulièrement précieuse : les soignants de l'hôpital sont en contact quotidien avec des personnes que nous atteindrions difficilement autrement. Nous pouvons ainsi leur proposer plus rapidement un réseau de proximité, avant que l'isolement ne s'aggrave. »
— Bertrand Vande Voorde, responsable d'antenne Accolage à Jette

Dans la pratique, Melanie fait presque toujours elle-même le premier pas, par un appel ou un mail à Bertrand, après avoir obtenu l'accord du patient. Pour rendre cette première démarche aussi accessible que possible, elle montre d'abord au patient, sur le site d'Accolage, qui est Bertrand et à quoi il ressemble. Ainsi, Bertrand n'est plus un inconnu au moment du premier appel. Pour une personne qui se sent seule, il n'est en effet pas évident de décrocher soi-même son téléphone et de dire qu'elle a besoin de contact social. Selon Bertrand, cette approche permet de créer, avant même le premier appel, un sentiment de familiarité et de confiance.

Ce que ça change, côté hôpital

Pour Melanie, ce relais comble un vide entre la sortie d'hospitalisation et la consultation de suivi, qui n'a parfois lieu que trois, six ou neuf mois plus tard. « La continuité des soins, c'est justement pouvoir rester proche du patient, agir vite si quelque chose se dégrade. Chez nos patients âgés, la rapidité de la prise en charge est cruciale. »

Elle en a l'expérience concrète : il arrive que des collègues d'Accolage l'alertent par mail lorsqu'un participant ne se présente plus aux moments de rencontre organisés par l'association, ou qu'il confie des choses préoccupantes à son bénévole. Autant de signaux qui permettent d'agir rapidement lorsqu'un besoin d'aide professionnelle réapparaît.

« Personnellement, ça change énormément de choses. Je m'inquiète moins pour les patients dont je sais qu'un bénévole d'Accolage passe au moins toutes les deux semaines. »

Ce que ça change, pour Christiane

Lorsque Christiane quitte le service de Gériatrie de l'UZ, elle emporte chez elle un flyer d'Accolage. Il l'incite à prendre contact : « Le lendemain, j'ai téléphoné et j'ai eu M. Bertrand. »

Peu après, Bertrand la met en contact avec Chantal, une bénévole du quartier : « Tout de suite, on a sympathisé. On a eu des atomes crochus, c'est le cas de le dire. »

Depuis, Christiane voit sa voisine chaque semaine. Ce qui a débuté par un premier contact via Accolage est devenu un rendez-vous fixe, qui fait partie de la vie de Christiane. Même si sa mobilité réduite rend les sorties plus difficiles, les rencontres restent possibles. Ce que ces moments avec Chantal lui apportent ? Christiane répond simplement : « Un bien-être. » Et pour la suite, elle a surtout un souhait simple : « J'espère que je vais pouvoir continuer encore un petit peu comme ça. »

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Christiane et Chantal

Pourquoi cette collaboration est importante

Pour Melanie, le message à porter auprès d'autres établissements bruxellois tient en une idée simple : mieux entourer les patients à domicile allège aussi le travail de l'hôpital lui-même.

« Sur l'idéologie, il n'y a pas à débattre, on sait que le lien social fait du bien aux aînés. Ce qui compte, c'est que ça aide aussi le personnel à savoir qu'un patient est soutenu, et que ça retarde souvent un retour à l'hôpital. »

Elle referme la conversation sur ce constat : « La population gériatrique va connaître une croissance immense, et les hôpitaux seuls ne pourront pas suivre. Nous avons besoin d'ASBL comme Accolage. »

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Des fleurs pour mettre les aînés à l'honneur

Le 1er octobre, Journée internationale des personnes âgées, la collaboration entre l'UZ Brussel et Accolage prend aussi une forme concrète à l'occasion de l'action « Simple comme une fleur ». Chacun est alors invité à offrir une fleur à un aîné de son quartier.  

Au service de Gériatrie, Accolage et l'hôpital vont plus loin : des fleurs y sont distribuées directement aux patients hospitalisés. L'hôpital marque ainsi, lui aussi, son attention au lien social et à ces petits gestes qui réconfortent les aînés.

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Action fleurs à l'UZ Brussel

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